Diplôme et discours prononcés lors de la remise

du prix Cluzeau-Lanauve 2016 décerné par l’Académie

des Lettres et des Arts du Périgord




MICHEL NEGRIER

Prix Cluseau-Lanauve 2016

décerné par

l’Académie des Lettres et des Arts du Périgord

 

 

L’Académie des lettres et des arts du Périgord honore chaque année un artiste peintre en lui décernant

le prix Jean Cluseau-Lanauve.

 

Cette année, les académiciens ont unanimement décidé de donner ce prix à Michel Négrier. Nous saluons

ainsi la carrière d’un artiste amoureux de son Périgord, un dessinateur maître dans l’art de nous émouvoir,

un peintre assez habile pour faire surgir de son pinceau ou de ses crayons les grands et petits moments de

la vie de nos ancêtres, mais aussi assez malicieux pour nous surprendre à chacune de ses œuvres, par un

détail saugrenu, un trait de génie ou une touche cocasse. Dans un style reconnaissable entre tous et qui

n’appartient qu’à lui, Maître Michel Négrier - permettez-moi de vous appeler ainsi -,  peint méticuleusement

à sa manière incomparable, celle d’un imagier des temps modernes qui se baladerait joyeusement à travers

les siècles passés. Il nous réchauffe le cœur, il éveille notre esprit, il titille nos sens, il nous surprend par

des scènes cocasses, il nous rappelle plein de souvenirs heureux, avec une multitude de personnages qui

animent chaque scène, chaque tableau, chaque lieu.

 

Né en 1936, Michel Négrier a suivi les cours de dessin de Maurice Albe au lycée professionnel Albert Claveille

de Périgueux. Dès 17 ans, il illustre « L'Île au trésor » chez l’éditeur Fontas. Après une parenthèse en pays

limousin, il s'adonne à Périgueux à la publicité, durant de très nombreuses années au sein du groupe Havas.

Il fallait bien qu’il gagne sa vie. Il joue aussi de la trompette, son autre passion, dans l'orchestre Jacques

Pian au Casin, futur café de Paris à Périgueux.


Mais la fibre artistique le pousse aussi vers les éditeurs que nous connaissons bien, en particulier Pierre Fanlac

pour « Tartarin sur les Alpes », Emmanuel Leymarie pour les ouvrages d’Eugène Le Roy ou Hachette pour des

livres de préhistoire. Suivront de nombreuses œuvres qui redonnent vie à des lieux ou à des monuments qui

ont marqué l’histoire du Périgord.


Son talent fut reconnu dès 1970, puisqu’il fut, cette année-là, lauréat de la Fondation pour l’Avenir du Périgord

initiée par Sylvain Floirat, le prix lui ayant été remis par Marcel Bleustein-Blanchet. Les nombreuses

expositions organisées depuis autour de son œuvre, il y a encore quelques jours dans la Tour  Mataguerre à

Périgueux, témoignent de l’intérêt et de l’estime qu’il n’a cessé de susciter parmi les amoureux du Périgord

et des arts.



Derrière sa pseudo-sévérité cachant en fait un bel humour à l'anglo-saxonne, Michel Négrier a atteint des

sommets de popularité avec sa maison du Pâtissier, sa Porte Taillefer, son moulin de Saint-Front ou son pont

de Tournepiche, gravures que n'auraient pas reniées un Brueghel et un Dubout, enfin réunis pour traduire le

quotidien virevoltant des cités médiévales.


En m’inspirant de ce qu’a fort justement écrit un Académicien du quai Conti, jadis maire de Périgueux, je

conclurai en déclamant que Michel Négrier « enchante et illumine, pour notre grande joie, l’imaginaire

Périgourdin collectif depuis plus d’un demi-siècle. Il importe que le Périgord manifeste la reconnaissance dont

il est capable à celui qui le portraiture avec tendresse et qui glorifie sa truculence avec l’application  d’un

bénédictin et la vigueur d’expression d’un goliard, ce clerc qui, à l’instar de Villon, se livrait au moyen-âge

à la plaisanterie, à la ribaude et même à la provocation. »


C’est donc un très grand honneur pour moi, et pour tous les membres de l’Académie des Lettres et des Arts du

Périgord, de saluer aujourd’hui la carrière

et les œuvres de Michel Négrier, lauréat du prix Cluseau-Lanauve 2016.

Guy Penaud

Chevalier de la Légion d’honneur

Chevalier des Arts et Lettres

 

 

Bergerac – Caveau de la Vinée

24 septembre 2016




Réponse de Michel Négrier


Mesdames, Messieurs,

 

Je tiens tout d’abord à remercier Guy Penaud pour les paroles qu’il vient de prononcer que j’ai écoutées avec

grand plaisir et qui, ma modestie devant en souffrir, m’ont ému et ravi.

 

Je tiens naturellement à vous remercier, Mme la présidente Annie Delpérier et tous les membres de l’Académie

des Lettres et des Arts du Périgord, pour le prix de peinture Cluseau-Lanauve que votre association a décidé de

me décerner en cette année 2016 pour l’ensemble de mon œuvre.

 

J’ai pleinement conscience de l’importance de ce prix qui a récompensé depuis de nombreuses années tant de

peintres remarquables.

 

Aujourd’hui, je ressens la même émotion qu’il y a près de cinquante ans, lorsque - cela vient d’être rappelé

- M. Bleustein-Blanchet m’a remis le prix de la fondation du Périgord, créée à l’initiative de M. Sylvain Floirat.

 

Durant toutes ces années, j’ai poursuivi mon travail de peintre et d’imagier avec le même bonheur : dessiner

et restituer la vie et le passé de notre chère province à travers ses monuments les plus emblématiques,

en les faisant revivre avec des personnages sortis de mon imagination, telle fut ma démarche.

 

Soyez rassurés : si j’ai cessé maintenant de jouer de la trompette, j’aurai encore assez de souffle et d’envie

pour saisir mon pinceau ou mon crayon afin de poursuivre mon activité artistique. Votre prix m’y encourage

d’ailleurs.

 

Merci beaucoup à vous tous pour votre accueil et cette récompense que je tiens à partager avec mon épouse,

avec ma famille, avec mes amis, en particulier l’un d’eux, M. Patrick Lagrange qui a eu l’obligeance de bien

vouloir m’accompagner à Bergerac aujourd’hui.

 

Longue vie enfin à l’Académie des lettres et des arts du Périgord et sincères félicitations aux autres lauréats de

ce jour.

 

Michel NEGRIER